samedi 29 avril 2017

Les mauvais choix ???

Qu'est-ce que c'est compliqué d'être parents,et encore plus d'être mère, je pense. Sans cesse dans la culpabilité, dans le questionnement, dans l'auto-jugement...parce qu'on a peur de faire les mauvais choix pour nos enfants, de ne pas les éduquer "comme il faut", de ne pas leur donner les bonnes clés... et pire, de ne pas avoir fait en sorte de leur donner accès au bonheur !


Aujourd'hui, je reviens auprès de vous après de nombreuses semaines d'absence, car je ressens une colère contre moi, une colère profonde qui nait de mes propres choix... et cette colère, je vous en parlais déjà à la naissance du blog. Aujourd'hui, je suis à nouveau frustrée et confrontée à mes choix, et ces sentiments négatifs se démultiplient au fur et à mesure du temps.

Qu'ai-je fait pour éviter cette situation ? Rien ! Ou presque... à moins que si, j'en ai fait beaucoup, trop peu-être... Je suis perdue. Et le pire c'est que la situation ne changera pas. Par amour. Non! Par peur !

J'ai fait le mauvais choix de l'écoleJe l'aime, et pourtant je ne lui offre pas le meilleur.




Moi qui étais enseignante, moi qui sait à quel point les écoles assimilées ZEP sont un fléau pour notre société, moi qui sait combien les enfants peuvent être livrés à eux-même et déteignent ainsi sur les autres, moi qui sait combien il est difficile d'enseigner dans ce type d'école... que les bras nous en tombent, que le moral est en berne, que l'envie n'y est pas (ou plus) à force de se heurter aux mêmes problèmes sans solution.
Aujourd'hui, je sais qu'Enzo ne fréquente pas la "bonne" école. Le niveau est revu à la baisse... (et je ne chercherai pas à savoir pourquoi). 
Les enfants sont exposés à une éducation nationale sans rigueur. Et nos enfants sont la première cible de ce "je m'en foutisme" ambiant. Des écoles "gettoïsées" (même si ça n'est pas non plus la cité profonde pour nous), mais une école quand même marginalisée, qui peine à s'en sortir, qui "fait la police", qui éduque, qui apprend à dire bonjour, merci, aurevoir, qui traite des difficultés autrefois inenvisageables... 
Et d'un autre côté, un enseignement revu à la baisse, un niveau nivelé vers le bas, des exigences amoindries... et c'est pareil dans les familles (et j'en suis eut-être un exemple moi aussi).
Alors oui, je m'en veux car il est dans une école qui ne prône pas les valeurs du travail, de la persévérance. Les leçons sont vues une fois, deux fois, allez trois fois au maximum...et on passe à autre chose, tampis pour ceux qui ne suivent pas. On ne s'acharne plus à enseigner les bases. On survole même les enseignements fondamentaux... quitte à valoriser le jeu, le plaisir, le sport et la créativité. Mais savoir, lire, écrire, compter, raisonner, questionner... apprendre à être curieux, à connaitre l'histoire de France, à se situer dans le monde...c'est une vision appauvrie de l'école que nous avons sous nos yeux.

Et je suis fâchée contre moi-même de lui infliger cela. 
Sans parler des fréquentations, des enfants de 9 ans qui dégainent les gros (gros) mots plus vite que leurs stylos. Ces même enfants qui ramènent des couteaux à l'école. Ces gosses qui traînent dans la rue le soir. 

Ce sont ces enfants qui sont les confidents du mien. Qui lui parlent de politique, de drogue, de sexe...(oui oui vous avez bien lu) qui chantent Jul à tue-tête tout en comprenant très bien de quoi ils parlent...(et c'est ça qui est inquiétant, quand a 9-10 ans on comprend ce qu'est la drogue, le shit, la douane, les

L'éducation nationale dérive. Le niveau scolaire coule (et j'en ai des milliers d'exemples dans d'autres strates de l'enseignement...). Nos enfants sont entraînés au fond. Et nous parents, essayons de garder la tête hors de l'eau. Je multiplie les exercices d'application à la maison. Je dégaine mon Bescherelle. Je fais en sorte qu'il s'éveille. Qu'il s'intéresse. Qu'il se cultive. Mais je vois bien qu'il dérive... en tous cas, qu'il nage parfois à contre-courant de mes propres valeurs. Je veux plus de naïveté, d’insouciance, plus d'envie et d'acharnement aussi, de meilleures fréquentations... une vie de gosse normale... loin des mécanismes "malsains" qui font son quotidien. 

Il n'y a rien contre les enseignants. Je ne veux pas rentrer dans la polémique. Je ne suis pas dans les classes. Je ne peux pas juger...alors que je ne sais pas. 
En revanche, ce que je vois, c'est le déclin du système d'éducation, notamment dans les écoles dites "en difficulté"... le lâcher-prise des parents qui répondent par l'ignorance, la violence et le déni. 

Je m'en veux de l'avoir laissé là... par peur de le couper de son cercle d'amis, de ses habitudes, de son quotidien qui le sécurise. D'un côté, je me suis toujours dit que cette école, c'était l'école de la vie, l'apprentissage du quotidien, tel qu'il est vraiment. Apprendre à vivre ensemble (personnellement je ne suis pas "pour" les écoles privées, des classes surchargées et un environnement "sur papier glacé" qui détonera plus tard avec le quotidien, le vrai). Mais d'un autre, je lui ai infligé un niveau plus bas que dans d'autres écoles...
J'ai pourtant tout fait pour qu'il soit en phase avec les compétences à acquérir. Je l'ai aidé à faire ses devoirs, j'ai rajouté des exercices d'application (ce qui n'est pas fait en classe), je me suis munie de manuels pour lui apporter plus, je l'éveille, lui apprend à être curieux, ouvert au monde... 
Mais au final, il n'a pas les bases qui me semblent indispensables pour son futur d'écolier. Il me semble qu'il n'apprend rien. 

Enfin, dans cette école "au rabais" (passez moi l'expression mais cela fait des années que nous demandons une kermesse, une fête d'école, un carnaval, des sorties, du sport dans les structures aménagées à cet effet dans la ville)...je m'investis à 100% : vente de gâteaux pour financer les sorties, préparation d'une kermesse de fin d'école, sorties... je m'investis pour qu'il soit heureux, pour que nos enfants soient heureux et épanouis, pour que l'école ne soit pas qu'un lieu de contraintes... 
Et même ça, c'est compliqué !

Je ne rêvais pas de ça pour lui ! Je rêvais en grand, en mieux. 

Finalement, ai-je fait le mauvais choix, ou est-ce l'éducation nationale qui a fait le choix de l'échec et de la médiocrité ?

Avec des bases solides, des copains de classe qui aiment jouer, rire... et une équipe d'enseignants qui font vivre l'école.
C'est surement le monde des Bisounours (pensez-vous) !

Et vous, de quelle école rêvez-vous ?

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