lundi 20 février 2017

L'arc-en-ciel après les flammes

 Ce que j'ai appris de cet incendie



Il m'aura fallu plusieurs semaines pour revenir ici et retrouver l'inspiration. Non pas que je n'avais pas envie d'écrire, mais j'avais besoin de prendre du recul, pour vous transmettre, au mieux, mes sentiments suite à cet "incident", qui a fait basculer notre vie en quelques mois.

Le 15 septembre 2016, notre restaurant était ravagé par les flammes. Un incendie accidentel, qui a fait de notre vie un cauchemar, pendant les jours et les semaines qui ont suivi ce "drame" (drame étant entre parenthèse car pour moi, le vrai drame touche à la santé...).



Un incendie qui m'a laissé des séquelles. Des peurs et des angoisses. Chaque soir depuis que nous avons réouvert, j'ai le souffle coupé en fermant la porte. Me demandant si tout est en ordre, si notre four à bois est bien éteint, si l'électricité est coupée, si les prises sont débranchées... Un traumatisme qui ne me quitte pas.

Mais c'est le seul point récalcitrant. Le seul 'hic' qui me reste de ce mauvais cauchemar. Hormis ces troubles... je ne peux en tirer que du positif (Qui aurait cru que je dise cela 5 mois plus tard?).

L'incendie a réveillé de drôles de sentiments en moi : confiance en moi, fierté, reconnaissance, amitié, amour, transmission de valeurs, tranquillité et apaisement. Rien que ça !

Alors ce billet d'humeur aujourd'hui, je l'écris pour vous. Pour vous transmettre ce que je ressens et ce que j'ai appris. Parce que je crois utile de partager avec vous, parents, ce qui me rend plus forte, ou en tous cas, plus sereine.

Par où commencer ? Je vous livre les infos en vrac, comme elles me viennent, tirez-en ce que vous pouvez et voyez dans ces "prises de conscience" des messages de bien-être à utiliser, vous aussi, comme bon vous semble.

J'ai arrêté de juger.

Il m'aura fallu 38 ans pour comprendre que les personnes qui m'entourent ne doivent pas être jugées ni à leur apparence, ni à leur attitude, ni à leur statut social. Je n'ai pas honte de dire qu'auparavant, je portais des jugements sur les gens, car je crois qu'on le fait tous, plus ou moins. Mais avec ce qui nous est arrivé, je me suis rendue compte que les personnes que je "jugeais" mal ont été celles qui m'ont apporté leur plus grand soutien.  Je me sens soulagée depuis... Plus légère. Construisant des relations humaines bienveillantes.
Mon regard est toujours emprunt d'humour et de moquerie parfois, car j'aime rire, j'aime jouer...mais j'essaye de ne plus être critique envers les gens que j'aime et que je côtoie.

J'ai repris confiance en moi.

Il y a deux ans, j'ai vécu la méchanceté de personnes qui ont tenté de me détruire (moralement). Des personnes qui m'ont fait croire que j'étais mauvaise, peu aimée et à éviter à tout prix. J'ai eu mal ! J'en suis même tombé malade. Perdant toute confiance en moi.
L'incendie a tout changé ! Vraiment tout. Quand j'ai vu toute cette solidarité, quand j'ai vu nos anciens employés venir nous aider, quand j'ai vu ma famille nous soutenir, quand j'ai vu des clients nous apporter leur aide, quand j'ai vu tout ce monde autour de nous... je me suis dit qu'on était loin d'être des "cons".
On a eu énormément de monde à nos côtés ! Un apaisement moral qui m'a prouvé que nous comptions pour beaucoup de personnes. Que nous n'étions pas "sans valeur" et que nous avions des amis, solides.
Alors je dis MERDE à ces personnes qui ont tenté de me détruire. J'en ressors plus forte, sûre de moi, et heureuse (malgré tout) d'être qui je suis.

J'ai  (ré) appris à vivre.

Cela fait maintenant quelques années que je tiens ce blog, et le site SortiesVarEnfants... et quelques années, donc, que je me cloître chez moi, devant mon écran... parce que motivée par l'écriture, parce qu’enivrée par cette formidable aventure. Mais parfois, j'en ai oublié ma vie et mes amis.
L'incendie et ces 4 mois de coupure m'ont fait prendre conscience à quel point j'aimais recevoir mes amis, discuter avec eux, leur venir en aide, manger un bon gueuleton avec eux et partager du temps.
Trop centrée sur mon fiston parfois, j'en ai oublié les autres.
Alors aujourd'hui je prends plus de temps pour ceux que j'aime (y compris mon mari même s'il faudrait faire plus encore). Je m'échappe un peu de ma vie "virtuelle" qui m'apporte mais qui est chronophage et je me recentre sur ma vie "réelle", sur ceux qui m'entourent, sur ceux qui font mon équilibre, sur ceux qui m'aiment (et j'ai découvert qu'ils étaient plus nombreux que ce que je pensais).

Apprivoiser mon chez moi.

Il y a 6 ans, nous opérions un changement de vie radical, passant du fonctionnariat à la vie de patron. Et d'une grande maison à un petit appartement. Jugeant cette situation "temporaire" je n'ai pas vraiment investi mon intérieur, et aujourd'hui je veux que ça change! Comme dans mon atelier, à la pizzeria, je veux investir ma maison, mon lieu de travail, je veux m'y sentir bien. Je veux y mettre de l'ordre et donner un second souffle aux deux lieux qui font ma vie.
Se sentir bien là où on évolue est indispensable. Et je le comprend suite à ce put*** d'incendie qui a détruit mon "chez moi". Et je suis le conseil d'un ami qui m'a dit "le temporaire, le provisoire n'existe pas, investit ton lieu de vie et aime-le".
Ça a tout changé ! Que ce soit au boulot ou à la maison, on se sent bien mieux quand on accepte le définitif.

Se recentrer sur l'essentiel.

Je vois deux "essentiels" dans ma vie : ma famille et mon boulot. Des bases que j'ai parfois laissé sombrer sous la course aux "like", sous l'envie de toujours faire plus et mieux pour mon site internet. Une espèce de drogue qui accaparait mon esprit. Répondre à des mails (encore et encore), attendre le partenariat idéal, préparer des évènements, rechercher de nouvelles idées sorties, sortir, prendre des photos, interviewer de nouvelles personnes, découvrir de nouveaux lieux....
Et oublier MA vie. Car même si Mini Loulou a la chance de beaucoup sortir avec ses parents et de découvrir des lieux formidables, qui ouvrent son esprit, il y avait toujours l'ombre du site ou du blog...qui entachaient ce beau moment en famille.
Et puis j'y ai même oublié mon travail, en me centrant sur un écran et non sur mon four! L'incendie, là aussi, a agit comme un détonateur. La pizza est mon moteur. Et c'est d'abord sur mon commerce que je dois me concentrer avant de laisser divaguer mon esprit sur les touches de mon clavier d'ordinateur.
A présent, le blog, le site restent secondaires, un plaisir et plus une contrainte qui venait parfois entacher ma joie d'écrire. Aujourd'hui j'ai pris du recul. J'écris toujours, mais moins souvent, je crée toujours des évènements, mais à mon rythme et le blog est une échappatoire gourmande.
C'est grâce à cette nouvelle "philosophie" que je prends davantage le temps de vivre... Quel bonheur ! Le temps m’oppressait !

Apprécier son quotidien

Finalement quelle chance nous avons d'avoir ce job là ! Il est difficile, nous avons des horaires décalés, nous avons beaucoup de charges, beaucoup de responsabilités... mais les flammes et le manque de travail ont su raviver notre amour de la pizza et ont su nous faire prendre conscience de la chance que nous avions de faire un métier agréable, toujours entourés de nos amis, sans collègues qui nous harcèlent, sans patron, avec toutes nos journées de libres...
Un autre regard est aujourd'hui possible...

Lui transmettre ces valeurs.

Toutes ces prises de conscience ont été déclenchées par l'incendie. Par la peur, par la solidarité, par le manque, et surtout par l'envie de nous relever et de poursuivre notre rêve.
Alors j'espère de tout cœur transmettre à notre fils ces valeurs de persévérance et de résistance. Nous avons passé 4 mois intenses, difficiles et pesants. Nous avons vécu (ensemble) un traumatisme qui nous a marqué (notamment Mini Loulou qui a vu les pompiers, qui a vu mon désarroi, qui a subi de plein fouet l'incendie...). Mais s'il ne devait retenir qu'une seule chose de ce drame c'est le fait que nous n'avons jamais baissé les bras, que nous nous sommes soudés tous les trois et que nous avons été combattifs. La vie n'est pas un long fleuve tranquille, et les épreuves nous font passer des étapes qui nous font gagner "des points d'âme" !



Merci à mon mari, à mon fils, à ma mère, à cette dame qui m'a empêché d'entrer dans le restaurant au moment de l'incendie, à nos familles, à mes tantes, à ma cousine, à mon frère, à notre employé (ami), à nos anciens employés, à ceux que j'avais jugé trop vite, à ceux que nous ne connaissions pas, à nos clients, à vos mots, à vos dons, à tous ceux qui nous ont apporté leur aide...



2 commentaires:

  1. Ben la prochaine fois je te laisse faire la vaisselle à l'eau froide toute seule ma caille !!! ������
    Des bisous et bel article ça fait plaisir de te lire motivée et renforcée
    Mais je n'en doutais pas

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  2. Merci pour votre article très intéressant à lire, il me aide plus d'informations.
    Merci.

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